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Vendredi 15 février 2013, 17h. Galerie Gabrielle Maubrie, rue Sainte Croix de la Bretonnerie, Paris, 4e. Un très beau film d’exposition de Dennis Adams : Malraux s’ Shoes (vidéo, 42 mn), inspiré de la photographie où l’on voit André Malraux, chez lui à Boulogne-sur-Seine, en 1953, alors qu’il prépare le second tome du Musée imaginaire (Le Musée imaginaire de la sculpture mondiale). Après avoir été le modèle d’un musée sans murs fondé sur la reproduction photographique, c’est devenu la référence prémonitoire de la virtualisation des collections. L’artiste joue un Malraux, marchant sur ses photos, fumant, buvant un whisky. Il a de violents éclats de voix délirants. Mais le monologue intérieur incessant mêle la vie de Malraux (y compris le passage au Cambodge, voir, sur ce blog : « Banteay Srei », 6 janvier 2013) à des réminiscences énigmatiques propres à l’artiste lui-même. Il est fait ainsi écho à l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg, à l’Atlas de Gerhard Richter (voir, sur ce blog : « Atlas de Gerhard Richter », 12 août 2012). Pour moi, la scène est depuis toujours liée à l’image du film d’Alain Resnais, La Guerre est finie (scénario de Jorge Semprún, 1966), où l’on voit Yves Montand dans le salon où Ingrid Thulin prépare l’iconographie d’un livre sur les villes du monde. On peut rappeler qu’Alain Resnais a travaillé à ce film avec Florence Malraux, fille d’André Malraux, qu’il a épousée en 1969.

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André Malraux, 1953. Photo Maurice Jarnoux, Paris-Match.

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Alain Resnais, La Guerre est finie, 1966.

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Aby Warburg, Atlas Mnémosyne, 1927-1929, détail.
Références : Georges Didi-Huberman, Atlas ou le gai savoir inquiet – L’œil de l’Histoire, 3, Minuit, Paris, 2011. Georges Didi-Huberman, « Échantillonner le chaos. Aby Warburg et l’atlas photographique de la Grande Guerre » : http://etudesphotographiques.revues.org/index3173.html Aby Warburg, L’Atlas Mnémosyne, édition par l’Atelier l’écarquillé, 2012 : http://www.baldingervuhuu.com/index.php?/aby-warburg/ecrits-ii—atlas-mnemosyne/

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Mercredi 26 décembre 2012, 13h-16h45, 93bis. Il est question de faire des cakes. Mais le cadran de la température du four est cassé. Ce four Siemens, semi-encastrable et multifonction (micro-onde, grill, four classique) pourrait être jeté et remplacé. Mais on ne trouve plus ce modèle, acheté en 1995. Une opération audacieuse va conduire à l’ablation du cadran dont on découvre qu’il est fait sur le principe du cinéma : pellicule perforée, entrainement par une roue à ergots. C’est ce film qui est cassé. On voit qu’un tableau peut remplacer un film.
Épilogue : Au prix d’une intervention minutieuse avec les techniques de réparation des films cassés et d’une nouvelle mobilisation énergique avec divers tournevis, le cadran a retrouvé sa place dans le tableau de bord du four, ce soir à 23h30.

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Samedi 15 décembre 2012, 17h. Au 44 de la rue du Faubourg du Temple, Paris 11e, un projecteur de lumière bleue a été placé, sur le terrain à construire que l’on a vu ici le 19 novembre 2011 : http://jlggb.net/blog2/?p=7682, probablement pour les besoins d’un tournage derrière les persiennes.

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Vendredi 17 août 2012, 11h, rue Courat, Paris 20e. Promenade sur les traces du Rousseau de la « Deuxième promenade », village de Charonne, Saint-Blaise, retour par la rue des Haies. J’aime les films de Chris Marker (pas tous, mais au moins : Lettre de Sibérie, 1958; La Jetée, 1962; Sans Soleil, 1982; vus à leur sortie), je l’ai connu un peu à l’époque de Passages de l’image (Centre Pompidou, tournée aux États-Unis, 1990-1992), de la Revue virtuelle et du CD-Rom Immemory (1990-1997), mais j’ai évité de participer au culte. Il est mort à Paris le dimanche 29 juillet 2012, jour de son 91ème anniversaire.
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C’est alors que je publie sur Vimeo une vidéo faite au iPhone le 5 octobre 2010 dans le RER B, en direction de la station Luxembourg. On y voit Chris Marker portant des lunettes noires-caméra, dans cette pratique du portrait « volé » qui a donné la série Passengers. Ce document a un certain succès (graphe jaune des statistiques de la consultation des vidéos, ci-dessous).


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Voir aussi, sur jlggbblog1 : http://jlggb.net/blog/?p=2528, http://jlggb.net/blog/?p=3162 et http://jlggb.net/blog/?p=5583

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Vendredi 29 juin 2012, 21h, musée Mac/Val à Vitry-sur-Seine. Inauguration d’un nouvel accrochage. Nous avions vu dans la grande exposition Sarkis du Mamco de Genève (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=5029) cette série de onze photos de films, onze enfants qui sont le plus souvent les personnages principaux de films de pays et de temps différents, confrontés à la cruauté du monde. Ici, la pièce est dans sa version la plus achevée et la plus impressionnante. Dans Trésors de la mémoire (les onze enfants de l’histoire du cinéma), 2002, un néon, dont la lumière monte et descend, faisant passer l’immense salle du noir au rose le plus intense au rythme de la respiration de l’artiste, relie les photographies les unes aux autres en passant par les yeux des enfants.

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Jeudi 21 juin 2012 (Fête de la musique), 23h, 73 rue des Haies, Paris 20e. La galerie Plateforme, cycle Résurgences, présente, notamment, le film de Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, War.


War est un montage de vidéos de soldats américains, trouvées sur Internet. Filmées par les soldats eux-mêmes, elles les montrent sur le terrain de guerre ou dans les casernes en Irak ou en Afghanistan, en train de danser sur de la musique pop. On peut imaginer la nostalgie de la culture populaire chez ces soldats dansants, qui semblent définitivement séparés du territoire, de l’histoire et de la culture dans laquelle ils se retrouvent projetés, coincés dans des guerres immobiles, d’usure, dont les images officielles effacent toute trace de sang, de violence, et qui nous reviennent sous la forme faussement joyeuse de parodies de vidéo clips. Du site : http://www.nogovoyages.com/projects.html

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Mardi 22 mai 2012, 18h52, TGV de Genève vers Paris — et Paris, samedi 26 mai, 18h. Je suis passé ici des centaines de fois. Cette fois je me décide à prendre quelques clichés des vignobles. Dardagny est la dernière commune avant la frontière française. Les vignes de Dardagny sont associées pour moi depuis « toujours » au nom de Jean Hutin, qui fut un proche camarade du Théâtre des Drapiers de Strasbourg et du Théâtre populaire romand de La Chaux de Fonds, à la fin de l’année 1968 et en 1969. Je pourrais retrouver de nombreuses photos de lui : j’ai photographié des pièces où il jouait, L’Importance d’être d’accord, de Brecht, Quinze Rouleaux d’argent de Günther Weisenborn (d’après une pièce classique chinoise); il a été acteur dans le film 16mm pour F3 et dans deux de mes films en super 8 « expérimentaux », Deux manières de passer le temps, en février 1969 à la Chaux-de-Fonds (sur la chanson Eloise de Barry Ryan et avec le livre jaune Garnier de La Nouvelle Héloïse dans la poche — photogramme), Nécessité de quelques transitions en juillet 1969 à Cannes. Car, après le théâtre, revenant à la propriété familiale, il s’associa à son frère Pierre pour produire des vins de qualité, contribuant à porter les vins de Genève parmi les meilleurs de Suisse. Le Domaine des Hutins est dirigé maintenant par sa fille Émilienne. Je ne l’ai pas revu depuis quarante ans, sauf sur Internet : ici, ou et , etc.


Deux manières de passer le temps, super 8, 5mn, 1969.

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Vendredi 13 avril 2012, 11h-14h, Université Paris 8, Saint-Denis. Le cinéaste d’avant-garde et professeur américain Morgan Fisher reçoit le titre de docteur honoris causa (on le voit, avec un chapeau, qui tient son diplôme). Son film Standard Gauge, 1984, est projeté dans l’amphi X. Ce film en 16 mm fait d’un seul plan au banc titre de 35 minutes montre, comme des objets, avec son commentaire, une collection de fragments de pellicule 35 mm provenant de films connus ou inconnus. Ils constituent une forme de récit des services de montage et de tirage des copies à Los Angeles. Ainsi, un morceau de La Chinoise — titre anglais : The Chinese Girl —, sans image mais avec des sous-titres anglais reconnaissables, puis diverses versions d’images d’un visage de femme placées sur l’amorce des films pour en guider l’étalonnage des couleurs. Les techniciens américains nomment ce « personnage » China Girl. J’aurais voulu poser cette question : quelle différence entre « Chinese Girl » et « China Girl » ?

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Jeudi 22 mars 2012, 17h44, Genève. Il y a une image du film de Godard, Le Petit Soldat, repérable dans le film, mais que je gardais pour moi. En 1987, en préparant le numéro de la revue La Recherche photographique, numéro 3, intitulé « Le cinéma, la photographie » j’avais trouvé dans le fonds de la Cinémathèque française un ensemble de photographies du tournage du Petit Soldat (sans pouvoir identifier leur auteur, y compris auprès de Madame de Beauregard). Elles ont ce charme particulier d’appartenir aux vues du film (travail admirable de Raoul Coutard, avec la pellicule photo Agfa Record que seule la caméra Cameflex acceptait) tout en s’en distinguant. De format carré, probablement faites au Rolleiflex, elles sont à la fois posées, emblématiques et révélatrices du tournage lui-même (au demeurant, « tout film est un documentaire sur son propre tournage » aurait dit Jacques Rivette). J’avais donc fait tirer, sans la publier, la photo de la voiture filant le long du lac depuis le Pont du Mont-Blanc, avec cette figure de platane, tentaculaire et taillé, que j’affectionne. Tourné fin 1959, début 1960 à Genève et dans ses environs, Le Petit Soldat est interdit par la censure jusqu’en 1963. Louis Terrenoire, ministre de l’Information, déclarait : 1. Que ces tortures soient appliqués par des agents du FLN ne saurait modifier le jugement qui doit être porté contre ces pratiques et contre leurs représentations à l’écran. 2. À un moment où toute la jeunesse française est appelée à servir et à combattre en Algérie, il paraît difficilement possible d’admettre que le comportement contraire soit exposé, illustré et finalement justifié. Le fait que le personnage se soit paradoxalement engagé dans une action contre-terroriste ne change rien au problème. 3. Les paroles prêtées à une protagoniste du film et par lesquelles l’action de la France et en Algérie est présentée comme dépourvue d’idéal, alors que la cause de la rébellion est défendue et exaltée, constituent à elles seules, dans les circonstances actuelles, un motif d’interdiction. » (Wikipedia, repris de Lionel Trélis, La Censure cinématographique en France, mémoire, Institut d’études politiques de Lyon, juin 2001). Les 50 ans des Accords d’Évian (18 mars 1962) semblent n’avoir donné lieu à aucune commémoration ces derniers jours. J’y songeais depuis longtemps : l’anniversaire et un détour par le Quai du Mont-Blanc me donnent le prétexte pour publier la photographie restée inédite.
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Jean-Luc Godard, Le Petit Soldat, 1960, Anna Karina, Michel Subor, photo de tournage, fonds Cinémathèque française, négatif 1040. Épreuve : collection jlggb.
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La Recherche photographique, N°3, décembre 1987, Paris. Contient un portfolio de 16 photographies de tournage du Petit Soldat.
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Raoul Coutard et Jean-Luc Godard sur le tournage du Petit Soldat. Planche contact de la même série que les photos ci-dessus [dr].

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Samedi 3 mars 2012, 15h15, Musée national d’art moderne, cycle « Vidéo vintage 1963-1983 » (commissaire : Christine van Assche). Réalisée en 1977, une vidéo de Jean-Luc Godard pour la télévision : Faut pas rêver, sur la chanson de Patrick Juvet et Jean-Michel Jarre, 3mn 42s. Elle comporte deux plans fixes : le premier où l’on voit un enfant mangeant une pomme et écoutant, hors champ, une émission de télévision qui diffuse la chanson, tout en répondant aux questions de sa mère; le second où s’affiche, ligne après ligne, le texte : « Quand la gauche aura le pouvoir, est-ce que la télévision aura toujours aussi peu de rapport avec les gens ? »

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