Théâtre

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Vendredi 22 novembre 2013, 22h, Genève. À Saint-Gervais Genève Le Théâtre, La Chinoise 2013, pièce écrite et mise en scène par Michel Deutsch. Détail des Cahiers du festival, direction Jean Vilar, Avignon, 1967 (archives jlggb) — le vrai sujet de La Chinoise : le théâtre. Dessin à l’âge de cinq ans tout juste (archives jlggb) — pourquoi ces croix sur les rideaux ?
Voir : « Un film en train de se faire », 3 février 2012, http://jlggb.net/blog3/?p=1263 et « Des archives : photographies inédites, Avignon 1967 », 7 août 2011, http://jlggb.net/blog2/?p=6783

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Vendredi 18 octobre 2013, 20h — 22h, théâtre de Gennevilliers. Current Location de Toshiki Okada (Yokohama, 1973) est une pièce de science fiction relative au Japon du 11 mars 2011 et à ses suites catastrophiques. Sept personnages de femmes, pas d’action mais des gestes, des déplacements obéissant à une chorégraphie discrète et une parole continue, sur l’incertitude, l’anxiété, les tensions, les différences de compréhension de la situation passée, présente et à venir. Les actrices ne sortent jamais de scène : quand elles cessent de parler, elle deviennent spectatrices, sur le plateau lui-même.

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Jeudi 12 avril 2012, 20h-23h, Théâtre du Châtelet, Paris. Opéra en trois actes de John Adams, Nixon in China (projet amorcé en 1982, créé en 1987). Le livret d’Alice Goodman, un long poème changeant, subtil, agençant fragments de documents autentiques, citations, paroles ordinaires et oniriques, apparaît comme l’élément central capable d’articuler la musique — apparentée au minimalisme, mais elle-aussi riche en références historiques et en effets dramaturgiques très efficaces — et la mise en scène des chanteurs et des danseurs. Très beau travail des lumières, des couleurs et des costumes avec l’intervention tranchée de Shilpa Gupta, une jeune artiste indienne que nous avions déjà remarquée. Que la mise en scène et la chorégraphie soient de Chen Shi-Zheng, formé en Chine à l’opéra chinois, amplifie sans doute encore la complexité multi-couches d’un propos à la fois sérieusement historique et ouvertement satirique. Il évite la pure parodie pour donner à voir une dialectique et une distanciation fondées sur une gestuelle que l’on sait provenir de l’opéra chinois, y compris révolutionnaire. Ce télescopage est des plus troublants pour nous qui avons connu non seulement l’événement Nixon en Chine mais aussi fréquenté simultanément deux mondes étrangers : la scène minimaliste américaine (Philip Glass, Steve Reich, Terry Riley, Bob Wilson, Lucinda Childs, Peter Sellars) et la Chine de ces années là (1973, 1974, 1976, 1978, 1979, 1980, 1981, 1983, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989).


Retransmission de la représentation du 18 avril 2012 sur Arte Web (jusqu’au 15 juillet 2012)

Sur le site de John Adams : Nixon in China.

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Dimanche 19 février 2012, 16h-17h20, théâtre des Bouffes du Nord, 37bis boulevard de la Chapelle, Paris 10e. C’est la dernière de la reprise du « concert scénique » de Heiner Goebbels, Max Black (créé en 1998), avec le génial André Wilms qui dit un agencement de textes de Paul Valéry, de Georg Christoph Lichtenberg, de Ludwig Wittgenstein (professeur de Max Black à Cambridge) et de Max Black lui-même, philosophe et mathématicien (1909-1988). Chaque geste, chaque déplacement, est un événement sonore et, le plus souvent, lumineux : ampoules, projecteurs, flammes, feux d’artifices (pyrotechnie par Pierre-Alain Hubert). Ça parle de logique et de jeux de langage. C’est extrêmement réjouissant. On n’a pas le droit de photographier et de filmer pendant le spectacle. Je note cette phrase, dite par l’interrupteur de la lampe de bureau : « Je suis toujours trop jeune et trop vieux ». Je me souviens avoir été, dans ma jeunesse, photographe de théâtre (photo du milieu). Au début, André Wilms est sur scène alors que le public s’installe (ce sera plein, on verra bientôt, au 4e rang du parterre, l’ancien maître du lieu, Peter Brook, chemise turquoise et pull sombre sur les épaules, photo du haut) et, à la fin, le public reste, fasciné par la lumière et par les machines-instruments (photo du bas).

À lire :
« André Wilms n’aime pas les fleuves tranquilles », par Fabienne Darge
Article du Monde, 17 février 2012 Lire la suite »

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Samedi 18 février 2012, 13h30. J’avais fait fabriquer cette enseigne en néon (de couleur verte) pour le « spectacle-environnement » F3 ou une leçon d’observation, « un ensemble programmé de propositions plastiques constituant l’image d’un appartement que les spectateurs sont invités à visiter par groupes de 15 sous la conduite d’un comédien-démonstrateur », monté au théâtre (expérimental) Les Drapiers à Strasbourg (le premier étage d’une brasserie) du 3 au 24 mai 1969, avec Jean-Louis Boucher et Michel Séméniako. Ce document pour se placer dans l’effet de rétrospective du « néon d’art » auquel on assiste (mais qui est aussi une cloture, car le néon est aujourd’hui techniquement et écologiquement condamné).

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Vendredi 3 février 2012, 18h30, librairie Compagnie, rue des Écoles, Paris 5e. Signature par Anne Wiazemski de son livre Une Année studieuse, Gallimard, 2012. Il y a dans la queue d’anciennes condisciples de la fac de Nanterre, deux représentantes des fans japonaises de Godard, un ancien ministre communiste avec une écharpe mauve.



« Un film en train de se faire », c’est l’une des phrases qui s’affichent dans La Chinoise. Il faut comprendre que 45 ans plus tard, il reste en train de se faire, tant il est ouvert aux interprétations et aux suites. Revoyant le film de Godard pour l’occasion (un DVD médiocre acheté au japon il y a 10 ans, les deux photos de l’écran de télévision ci-dessus), je trouve qu’il a plutôt bien vieilli. On a dit qu’il était prémonitoire de l’après 68. C’est en partie vrai. Il annonce ce qui était en train d’arriver à Godard comme à beaucoup de (jeunes) intellectuels de ce temps là. Mais on en mesure aujourd’hui l’ironie mélancolique et critique à la fois. Plus encore que Les Carabiniers ou que Deux ou trois choses que je sais d’elle, il est le manifeste d’un théâtre-cinéma inspiré par Brecht. D’ailleurs, s’il se réfère à la Chine, c’est peut-être d’abord à son opéra traditionnel, celui de Mei Lanfang découvert par Brecht à Moscou en 1935, et dont la Chine de 1967 s’était totalement écartée. Ou bien, de la Chine pop, il tire à lui le pop. Parmi les techniques d’interruption de l’illusion et de décentrement, il y a ces instants que j’affectionne, où l’on voit la caméra et son opérateur Raoul Coutard. Il faut dire qu’il me fut donné, dans le sillage de mes amis JB et MS, d’entrapercevoir l’appartement de la rue de Miromesnil transformé modestement en plateau de tournage. Anne Wiasemski dit que pour en faire un livre, elle a pris dans la vie passée tout comme Godard avait pris dans sa vie à elle pour en faire un film. Le charme du livre, et la poésie du film, c’est quand ce qu’on connaît comme réel s’offre simultanément sous l’angle de la fiction.

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Mardi 31 janvier, 1h50. Voilà un livre que j’aime, pas seulement parce que c’est un bel objet, témoin de ce que peut être un livre, mais pour ce qu’il représente. Die Gediechte von Bertolt Brecht, 1400 pages, édité par Suhrkamp (très grand éditeur), à Francfort, en 1990 (sixième édition), imprimé et relié à Stuttgart. Le volume fait 38 x 95 x 150 mm, il est relié en toile fine rouge sombre. Je n’ai pas besoin de me réclamer du titre de Pierre Bayard, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? Minuit, 2007. Je ne peux pas le lire, seulement tenter de le déchiffrer. Mais ça aussi me plaît, car j’aime cette langue. Je soupçonne que, chez Brecht, ce n’est pas la poésie qui m’intéresse. J’ai aimé ses chansons — qui sont publiées dans ce recueil. Mais c’est du théâtre. Et j’ai lu en traduction pas mal d’écrits théoriques. Je relève cette phrase : Es ist mir gleich, ob diese Welt Mich liebt (Ça m’est égal que ce monde m’aime). Et je ne le crois pas. Ce volume, qui a quelque chose d’une bible, je l’ai acheté à Berlin dans la maison de Brecht, Chauseestraße 125, le 24 juillet 1992.
voir : http://jlggb.net/blog/?p=204 et http://jlggb.net/blog/?p=5382

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Lundi 16 janvier 2012 (jour de mon 67e anniversaire — Rousseau a vécu 66 ans), 13h (juste avant la séance avec les élèves du collège Rousseau pour le projet « Rousseau retrouvé »). Il en était question, maintenant c’est fait, l’île Rousseau de Genève est rénovée (à l’occasion du 300e anniversaire). L’espace a été éclairci, nettoyé, mais aussi aménagé, et ce n’est pas très heureux : il y a une espèce de toit cylindrique pour des panneaux et des vidéos. Mais il s’agit probablement d’une scénographie liée à l’événement, provisoire. Les grands platanes sont là, mais pas les peupliers promis, ou alors ils sont encore petits (car l’île, inaugurée en 1835, se réfère à l’île des peupliers d’Ermenonville). Ce qui ressemble à une bonne initiative : la statue (James Pradier, 1830) a été tournée vers les promeneurs qui arrivent par les passerelles. On dit qu’elle était tournée ainsi à l’origine. Pourtant, à partir de la façon dont Rousseau préfère la fête au théâtre (Lettre à d’Alembert sur les spectacles), on pourrait formuler la remarque suivante : avant, la statue faisait face au lac, certes barré par le pont du Mont Blanc, une véritable autoroute. Mais avant, on pensait à ce qui se présentait à Rousseau (« Il me fallait cependant un lac » dit-il à propos de l’écriture de La Nouvelle Héloïse dans Les Confessions, Livre neuvième), Rousseau et nous regardions ensemble le lac. Maintenant, le lac sert de décor à une statue, à un Rousseau qu’on donne en spectacle, car on pense aux « gens », aux touristes. C’est peut-être ça le rousseauisme du XXIe siècle.

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