Livres

Vous consultez actuellement les archives pour le thème Livres.

chevre-feuille-avril
Dimanche 7 avril 2013, 16h30, Aix-les-Bains, Nice-Savoie. Le vert intense des chèvrefeuilles m’attire hors de mon livre (La Querelle des dispositifs).

Mots clés :

maison-allemagne-biblio
maison-allemagne-escalier
Dimanche 31 mars 2013, 18h, Cité internationale, Paris, 14e. Inaugurée en 1956, la Maison de l’Allemagne à la Cité internationale, première représentation officielle de l’Allemagne en France dans l’après-guerre, a été rebaptisée Maison Heinrich Heine en 1967. Elle fut construite par Johannes Krahn, un architecte marqué par ses années de formation pendant la République de Weimar. Ayant œuvré à la construction d’équipements publics et de monuments religieux, on peut reconnaître chez lui une influence de Le Corbusier dans ses réalisations modernistes associant le béton, l’acier et le verre.

Mots clés : ,

salon-du-livre-2013-hollande
Jeudi 21 mars 2013, 19h45, Salon du livre, Parc des expositions de la Porte de Versailles, Paris. Soirée d’inauguration, avec le Président de la République, accompagné, à sa gauche sur la photo, par Vincent Montagne, président du Syndicat national des éditeurs, président du Salon du livre, Bertrand Morisset, commissaire général du Salon du livre et par la Ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. L’homme qui est au centre est un officier de sécurité. On le reconnaît à son comportement, au fait qu’il ne sourit pas, au badge au revers de sa veste (comme deux autres). L’exposition de la Bibliothèque nationale de France, « Guy Debord. Un art de la guerre », est annoncée en ces termes : « Guy Debord fut avant tout le stratège d’une guerre de mouvement contre les faux-semblants de notre société ».

fouilles-isaline-aix-2013 bernascon-aix-1907
Vendredi 15 mars 2013, 16h. Aix-les-Bains. Au dessous de l’ancien hôtel Bernascon, rue Isaline, il reste deux espaces libres, vestiges des vergers qu’il y avait là dans les années 1900 (l’hôtel a été construit en 1900, la carte postale date de 1907). Avant de voir la construction d’un immeuble, ce qui était encore récemment le parking de l’Hôtel Palais des Fleurs a vu disparaître un très grand tilleul, puis l’arrivée, il y a quatre jours, d’une pelleteuse et d’une voiture de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). Très vite il y a eu deux grandes fosses aux contours très nets. Aujourd’hui l’une d’elle est rebouchée tandis que l’autre fait encore l’objet d’une observation minutieuse. Les fouilles préventives ont été popularisées notamment par Jean-Paul Demoule et son livre On a retrouvé l’histoire de France. Comment l’archéologie raconte notre passé, Robert Laffont, 2012. À écouter, un entretien avec Jean-Paul Demoule du 25 mai 2012.

Mots clés :

monk-movie-book
Samedi 2 mars 2013, 18h, galerie Yvon Lambert. Dans l’exposition A Stone Left Unturned, consacrée à l’art conceptuel, une pièce de l’artiste anglais Jonathan Monk : Six Years, 2001. Le film (en boucle) reproduit l’ouvrage précurseur de Lucy Lippard sur l’art conceptuel, Six Years : The Dematerialization of the Art Object from 1966 to 1972, 1973, à raison semble-t-il d’un photogramme par page.

Mots clés :

alain-gheerbrant
Lundi 25 février 2013, minuit, Nice-Savoie. Alain Gheerbrant vient de mourir à l’age de 92 ans. J’ai conservé son livre, L’Expédition Orénoque-Amazone, acheté par ma mère à Valence le 1er mai 1954. Nous étions allés à sa conférence, accompagnant la projection de son film : Des hommes qu’on appelle sauvages. Ce fut une initiation pour moi car je fus marqué par une image : une plaque de vannerie retenant des centaines de très grandes et dangereuses fourmis, passant sur le corps d’un adolescent. Dans mon enfance, chaque séance de cinéma se prolongeait par une nuit de cauchemars. Mais j’aimais le cinéma et je devais, jusqu’à l’âge de 25 ans, y aller de plus en plus souvent. Dans cette période de cinéphilie, je fis la connaissance de son fils. Plus tard, comme beaucoup, j’ai acheté son Dictionnaire des symboles (en collaboration avec Jean Chevalier, Laffont, 1969, collection Bouquins).

Le vieux élève une plaque de fourmis. Les masques ne chantent plus. Dans le silence total, on entend les centaines de pattes et de pinces bruire. Mais l’excitation des insectes n’est pas encore suffisante pour qu’ils puissent piquer tous à la fois ainsi que le requiert le rituel indien. Le sorcier trempe la plaque dans la calebasse de boisson. Il l’approche de sa cigarette et souffle lentement un gros nuage de fumée bleue qui filtre à travers la vannerie et monte se perdre vers le toit de la case. Le crépitement des insectes exaspérés grandit comme un incendie. La plaque entre ses mains décrit trois cercles autour de son corps, telle ce matin la première calebasse de boisson qu’il a distribuée à ses gens. Puis il se penche légèrement en avant et il lui fait décrire les mêmes cercles autour du corps de l’enfant. La plaque était jusque-là tournée de telle façon que les fourmis présentaient leurs pinces vers le corps. Le sorcier la retourne. Plusieurs hommes s’approchent et saisissent l’enfant par les poignets et la tête. La plaque revient est passe sur sa poitrine. Mais ce sont maintenant les deux cents abdomens des fourmis géantes qui lui caressent le corps et les deux cents aiguillons à la fois le pénètrent et injectent leur venin. L’enfant se crispe, il se tord en arrière, une grosse main se plaque sur sa bouche et y appuie comme un bâillon pour qu’il ne crie pas. La plaque, lentement, poursuit son chemin au long de toutes les parties les plus sensibles de son corps. Le sorcier opère avec une scrupuleuse minutie et le maximum d’économie dans ses gestes. Cela dure deux, trois, quatre longues minutes. Enfin les fourmis passent dans un dernier et lent baiser sur les joues et le front de l’enfant. Mais les hommes ont relâché leur étreinte. Le buste de l’enfant s’est redressé. Maintenant, aux yeux de tous, il est un homme. Ses mains, sur les genoux du vieux, n’ont pas bougé. Ses paupières se soulevant lentement, un regard somnambulique filtre entre ses cils. Une femme rafraîchit sa poitrine, ses bras, son dos avec un peu de boisson qu’elle a puisé dans le creux de la main. Le vieux a repris sa cigarette de bananier et il souffle de la grosse fumée bleue par-dessus la boisson sur le corps du supplicié.

Jusqu’alors mi-clos, les yeux de l’enfant s’ouvrent tout à fait. Il regarde lentement, comme étonné, autour de lui. Il semble revenir d’un autre monde, ou arriver dans un monde entièrement nouveau pour lui. Il se lève. Il marche tout seul vers le hamac et s’y recouche. De toutes parts dans la grande case enfumée fuse un long cri suraigu, le cri de triomphe de la communauté indienne qui compte un nouvel homme parmi elle.

Alain Geerbrant, L’Expédition Orénoque-Amazone, Gallimard, 1952, pp. 146-147.

Mots clés :

adams-malraux
Vendredi 15 février 2013, 17h. Galerie Gabrielle Maubrie, rue Sainte Croix de la Bretonnerie, Paris, 4e. Un très beau film d’exposition de Dennis Adams : Malraux s’ Shoes (vidéo, 42 mn), inspiré de la photographie où l’on voit André Malraux, chez lui à Boulogne-sur-Seine, en 1953, alors qu’il prépare le second tome du Musée imaginaire (Le Musée imaginaire de la sculpture mondiale). Après avoir été le modèle d’un musée sans murs fondé sur la reproduction photographique, c’est devenu la référence prémonitoire de la virtualisation des collections. L’artiste joue un Malraux, marchant sur ses photos, fumant, buvant un whisky. Il a de violents éclats de voix délirants. Mais le monologue intérieur incessant mêle la vie de Malraux (y compris le passage au Cambodge, voir, sur ce blog : « Banteay Srei », 6 janvier 2013) à des réminiscences énigmatiques propres à l’artiste lui-même. Il est fait ainsi écho à l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg, à l’Atlas de Gerhard Richter (voir, sur ce blog : « Atlas de Gerhard Richter », 12 août 2012). Pour moi, la scène est depuis toujours liée à l’image du film d’Alain Resnais, La Guerre est finie (scénario de Jorge Semprún, 1966), où l’on voit Yves Montand dans le salon où Ingrid Thulin prépare l’iconographie d’un livre sur les villes du monde. On peut rappeler qu’Alain Resnais a travaillé à ce film avec Florence Malraux, fille d’André Malraux, qu’il a épousée en 1969.

malraux-1953-640
André Malraux, 1953. Photo Maurice Jarnoux, Paris-Match.

la-guerre-est-finie-640
Alain Resnais, La Guerre est finie, 1966.

warburg-mnemosyne-640
Aby Warburg, Atlas Mnémosyne, 1927-1929, détail.
Références : Georges Didi-Huberman, Atlas ou le gai savoir inquiet – L’œil de l’Histoire, 3, Minuit, Paris, 2011. Georges Didi-Huberman, « Échantillonner le chaos. Aby Warburg et l’atlas photographique de la Grande Guerre » : http://etudesphotographiques.revues.org/index3173.html Aby Warburg, L’Atlas Mnémosyne, édition par l’Atelier l’écarquillé, 2012 : http://www.baldingervuhuu.com/index.php?/aby-warburg/ecrits-ii—atlas-mnemosyne/

Mots clés : ,


Mardi 4 décembre 2012, 19h30, 8 rue Saint-Bon, Paris 4e. Présentation du nouveau livre de Raymond Bellour, La querelle des dispositifs. Cinéma – installations, expositions, P.O.L, 576 pages, 37,50 €. Raymond Bellour rassemble des essais écrits entre 1999 et 2012 en les plaçant sous l’enseigne de la distinction entre les expériences que représentent, pour le spectateur, le cinéma d’une part (la projection dans une salle, la séance collective d’une durée déterminée), et d’autre part les images en mouvement qui appartiennent à l’art contemporain.

« Les essais rassemblés dans ce livre évoquent parmi d’autres les artistes et cinéastes Eija-Liisa Ahtila, Chantal Akerman, Zoe Beloff, James Benning, Dara Birnbaum, Jean-Louis Boissier, Janet Cardiff et George Bures Miler, Hans Castorf, David Claerbout, James Coleman, Pedro Costa, Harun Farocki, Masaki Fujihata, Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi, Douglas Gordon, Pierre-Marie Goulet, Philippe Grandrieux, Gary Hill, Alfredo Jaar, Ken Jacobs, Rinko Kawauchi, Thierry Kuntzel, Fritz Lang, Chris Marker, Cildo Meireles, Jonas Mekas, Avi Mograbi, Antoni Muntadas, Max Ophuls, Tony Oursler, Pipilotti Rist, Doug Aitken, Tania Ruiz Gutiérrez, Sarkis, Shelly Silver, Robert Smithson, Michael Snow, Beat Streuli, Sam Taylor-Wood, Eulalia Valldosera, Danielle Vallet Kleiner, Agnès Varda, Bill Viola, Jeff Wall, Apichatpong Weerasethakul. »


Vendredi 9 novembre 2012, 16h, Abbaye de Saint-Riquier, Centre culturel de rencontre, exposition « leurs lumières ». La Petite Fille aux allumettes, installation interactive de Mayumi Okura, 2007-2012. En craquant une allumette, on provoque la projection et on voit se former les phrases dans la lumière. En démonstrateur, un étudiant de l’École supérieure d’art et design d’Amiens.

Mots clés :


Vendredi 26 octobre 2012, 19h30, École des Arts décoratifs. Miki m’offre le dernier numéro de la petite revue, éditée à Kyoto, Toxic Girls Review (有毒女子通信). Le papier intérieur est rose pâle, très bien imprimé (moins fanzine que les précédents numéros). Son article, d’après les illustrations et les quelques mots en français, porte sur les « cadenas d’amour » qui envahissent depuis quelques années certains ponts parisiens, le Pont des Arts en particulier. Pratique selon moi exaspérante de mièvrerie et de machisme. C’est peut-être ce que dit ce texte car il y est question des cadenas des ceintures de chasteté. Et je connais les positions féministes de son auteur. Il reste que le cadeau est dans le double emballage règlementaire de papier de soie blanc et de cellophane kawaii, avec la mention imprimée, dans l’anglais tel qu’on le parle au Japon : « I send this gift with my warmest regards. In appreciation. »

Mots clés : ,

‹ Articles plus anciens