Big and Nice


Jeudi 6 janvier 2011, 16h30, Cours de Vincennes, Paris 12e. Vitrine d’un magasin de confection, enseigne lumineuse composée en Cooper Black. L’ « interdit » formulé par Roland Barthes dans Mythologies, (le pléonasme, la tautologie, la redondance, l’analogie, la surcharge, la naturalisation, le bon sens, ce qui va de soi, etc.) n’a décidément pas lieu d’être quand on constate l’efficacité de la typographie ici, dans cette enseigne. La culture « dite de masse » analysée par Barthes (lire ci-dessous) ne devrait pas être confondue avec les initiatives vernaculaires (du quartier de la Nation, par exemple). En vérité, « Big and Nice » est la meilleure qualification du caractère Cooper Black, et l’on aurait tort de se priver de la signification qu’il transfère à ce qu’il « informe ».

Sur le même sujet, voir le billet du 19 avril 2009, « Constructions métalliques » : http://jlggb.net/blog/?p=2315

Sur le caractère Cooper Black, les billets récents : http://jlggb.net/blog2/?p=3594 et http://jlggb.net/blog2/?p=3679

Roland Barthes, extrait de la préface à Mythologies :

On trouvera ici deux déterminations: d’une part une critique idéologique portant sur le langage de la culture dite de masse; d’autre part un premier démontage sémiologique de ce langage : je venais de lire Saussure et j’en tirai la conviction qu’en traitant les « représentations collectives » comme des systèmes de signes on pouvait espérer sortir de la dénonciation pieuse et rendre compte en détail de la mystification qui transforme la nature petite-bourgeoise en nature universelle.