Rituel de l’occupation




Dimanche 3 juillet 2011, 12h16, Tokyo. Visite rituelle — mais non préméditée — à la papeterie Itoya, à Ginza, pour vérifier le fonctionnement de l’inscription lumineuse OCCUPIED, qui nous intéresse depuis 1995, à l’origine de la rubrique occupation de ce blog. Le petit salon de thé du 9e étage est décidément un endroit pour jeunes femmes seules (voir : http://jlggb.net/blog/?p=86). Cette fois, montrons un peu autre chose : l’escalier, les achats, les meilleurs crayons , de la marque Tombow, classiques et écologiques.

The Craftsman (Making is thinking)


Mercredi 23 décembre 2009, 13h, 6 rue Princesse, Paris 6e, librairie Village Voice. Acheté le livre de Richard Sennett, The Craftsman, Penguin, 2009. Avant d’en lire une ligne, sauf peut-être le titre, on est intéressé par un objet remarquable, une édition de poche très smart : bon format, volume très souple, relief des (faux) crayons de la photographie souligné par un gaufrage du papier de la couverture. En plus : ces images de crayons rappellent l’installation de 2001 au Centre Pompidou, les 1024 crayons et les 1024 photos qu’elle contient.


J.L.B., Mémoire de crayons, Centre Pompidou, Galerie des enfants, 14 avril 2001.


Richard Sennett [photo Teri Pengilley]

Richard Sennett, Ce que fait la main. La culture de l’artisanat, Albin Michel. À paraître en janvier 2010. Traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat
En proposant une définition de l’artisanat beaucoup plus large que celle de « travail manuel spécialisé », Richard Sennett soutient que le programmateur informatique, l’artiste, et même le simple parent ou le citoyen font œuvre d’artisans. Ainsi pensé, l’artisanat désigne la tendance foncière de tout homme à soigner son travail et implique une lente acquisition de talents où l’essentiel est de se concentrer sur sa tâche plutôt que sur soi-même. Dans ce livre stimulant, Richard Sennett aborde l’expertise sous toutes ses déclinaisons. Nous voyageons ainsi à travers le temps et l’espace, des tailleurs de pierre de la Rome antique aux orfèvres de la Renaissance, des presses du Paris des Lumières aux fabriques du Londres industriel ; nous observons les expériences de l’informaticien, de l’infirmière, du médecin, du musicien ou du cuisinier. Face à la dégradation actuelle des formes de travail, l’auteur met en valeur le savoir-faire de l’artisan, coeur, source et moteur d’une société où primeraient l’intérêt général et la coopération. Et tandis que l’histoire a dressé à tort des frontières entre la tête et la main, la pratique et la théorie, l’artisan et l’artiste, et que notre société souffre de cet héritage, Richard Sennett prouve que « Faire, c’est penser ».
Texte de l’éditeur français.


Bathed in Light The double-height living room in Richard Sennett and Saskia Sassen’s carriage house is illuminated by casement windows and a skylight. (Richard Sennett and his wife, Saskia Sassen.) [Photo Damon Winter/The New York Times, Published: September 23, 2007]