{"id":365,"date":"2008-06-14T23:59:56","date_gmt":"2008-06-14T23:59:56","guid":{"rendered":"http:\/\/jlggb.net\/blog\/?p=365"},"modified":"2009-11-20T00:23:07","modified_gmt":"2009-11-20T00:23:07","slug":"par-dessus-bord","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/jlggb.net\/blog\/?p=365","title":{"rendered":"Par-dessus bord, \u00e0 juste raison d\u00e9sabus\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Au Th\u00e9\u00e2tre de la Colline, samedi 14 juin 2008, de 14h30 \u00e0 17h30 et de 18h30 \u00e0 21h&nbsp;: <em>Par-dessus bord<\/em>, de Michel Vinaver (1967-1969). D&rsquo;abord un texte formidable. Une grande troupe d&rsquo;acteurs avec suffisamment de num\u00e9ros de virtuoses. Et une mise en perspective du th\u00e9\u00e2tre lui-m\u00eame aussi subtile et ironique que la vision historique et politique&nbsp;: \u00e0 juste raison <em>d\u00e9sabus\u00e9e<\/em> (d\u00e9tromp\u00e9e, \u00e9clair\u00e9e, sceptique, clairvoyante dit le <em><a href=\"http:\/\/atilf.atilf.fr\/\" target=\"_blank\">TLFi \u2014 Tr\u00e9sor de la langue fran\u00e7aise informatis\u00e9<\/a><\/em>).<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2008\/06\/par_dessus_bord_n.jpg\" data-rel=\"lightbox-image-0\" data-imagelightbox=\"0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2008\/06\/par_dessus_bord_n.jpg\" alt=\"par_dessus_bord_n.jpg\" width=\"640\" height=\"480\" \/><br \/>\n<\/a>21h09&nbsp;: le salut (30 com\u00e9diens, 4 musiciens).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a title=\"\" href=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2008\/06\/vinaver_photo.jpg\" data-rel=\"lightbox-image-1\" data-imagelightbox=\"1\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2008\/06\/vinaver_photo.jpg\" alt=\"vinaver_photo.jpg\" width=\"120\" height=\"116\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"center\">Michel Vinaver (photo Ted Paczola).<br \/>\n\u00c0 \u00e9couter&nbsp;: <a href=\"http:\/\/www.france-info.com\/spip.php?article106322&amp;theme=81&amp;sous_theme=118\" target=\"_blank\">Entretien et documents sonores sur la pi\u00e8ce&nbsp;: France Info.<\/a><\/p>\n<p>Pour \u00e9couter l&rsquo;entretien avec Claire Bod\u00e9an \u00e0 France Info, 27 mn, cliquer ci-dessous&nbsp;:<br \/>\n[audio:http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-mp3\/Vinaver_FI.mp3]<\/p>\n<p align=\"left\"><a title=\"tnp_vinaver.jpg\" href=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-pdf\/cahier_pdb.pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a title=\"tnp_vinaver.jpg\" href=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-pdf\/cahier_pdb.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2008\/06\/tnp_vinaver.jpg\" alt=\"tnp_vinaver.jpg\" width=\"120\" height=\"172\" \/><\/a><\/p>\n<p>T\u00e9l\u00e9charger et lire ce <em>Cahier du TNP<\/em>, en paticulier page 7, \u00ab Laisser venir tout ce qui vient \u00bb.<\/p>\n<p align=\"left\"><a href=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/?p=311\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/?p=311\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2008\/06\/tnp-logo.jpg\" alt=\"tnp-logo.jpg\" width=\"122\" height=\"92\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"left\">Pour faire le lien avec le TNP de Chaillot.<\/p>\n<p>Critique \u00e0 lire dans le Monde&nbsp;: L&rsquo;\u00e9pop\u00e9e capitaliste de Michel Vinaver<\/p>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jlggb.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2008\/06\/lemondefr_moy_bl.gif\" alt=\"lemondefr_moy_bl.gif\" width=\"120\" height=\"27\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<blockquote>\n<p align=\"left\">LE MONDE&nbsp;| 10.03.08&nbsp;| 14h42\u00a0 \u2022\u00a0 Mis \u00e0 jour le 30.05.08&nbsp;| 16h33<\/p>\n<p>VILLEURBANNE ENVOY\u00c9E SP\u00c9CIALE<\/p>\n<p>C&rsquo;est un \u00e9v\u00e9nement&nbsp;: la cr\u00e9ation, en int\u00e9grale, de <em>Par-dessus bord<\/em>, de Michel Vinaver, au Th\u00e9\u00e2tre national populaire (TNP) de Villeurbanne. Le spectacle s&rsquo;y joue jusqu&rsquo;\u00e0 la mi-avril, avant de venir \u00e0 Paris, au Th\u00e9\u00e2tre de la Colline, \u00e0 la mi-mai. Un \u00e9v\u00e9nement \u00e0 divers titres, mais, d&rsquo;abord, celui-ci&nbsp;: le spectacle sign\u00e9 par Christian Schiaretti, le patron du TNP, est une \u00e9clatante r\u00e9ussite, qui fera date dans l&rsquo;histoire th\u00e9\u00e2trale fran\u00e7aise. Cette \u00e9pop\u00e9e de sept heures ne jette \u00e0 aucun moment le spectateur par-dessus bord, mais l&#8217;embarque pour un captivant voyage dans une histoire commune&nbsp;: celle de la France de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, telle que l&rsquo;a chang\u00e9e le tournant capital de 1968.<\/p>\n<p>A 81 ans, Michel Vinaver, qui est avec Val\u00e8re Novarina notre plus grand auteur de th\u00e9\u00e2tre, est enfin reconnu comme un classique contemporain, capable d&#8217;embrasser le monde par la gr\u00e2ce d&rsquo;une \u00e9criture musicale, sous-tendue par une puissance de vision et d&rsquo;analyse hors du commun. <em>Par-dessus bord<\/em> est sa pi\u00e8ce mythique, son grand-oeuvre, son monstre du loch Ness.<\/p>\n<p>Parce qu&rsquo;elle dure sept heures si on la repr\u00e9sente dans sa totalit\u00e9, parce qu&rsquo;elle exige une impressionnante troupe de com\u00e9diens, elle n&rsquo;a jamais, en France (en Suisse et en Autriche, si), \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e en int\u00e9grale. Roger Planchon l&rsquo;avait mise en sc\u00e8ne, en ce m\u00eame TNP, en 1973, dans une version \u00e9court\u00e9e, qui d\u00e9j\u00e0 avait beaucoup fait parler d&rsquo;elle. La voici donc, enfin.<\/p>\n<p>Michel Vinaver, qui l&rsquo;a \u00e9crite entre 1967 et 1969, y a mis toute sa connaissance du monde de l&rsquo;entreprise. Longtemps cadre dirigeant, puis PDG de Gillette-France, il a men\u00e9 pendant des ann\u00e9es cette double vie de patron et de dramaturge. Ce qui lui a permis, sans doute, de saisir comme personne cet \u00ab\u00a0Homo economicus\u00a0\u00bb que nous sommes devenus.<\/p>\n<p>Par-dessus bord est sa pi\u00e8ce la plus autobiographique. Elle met en sc\u00e8ne les affres d&rsquo;une petite entreprise familiale de papier toilette, Ravoire et Dehaze, leader de son secteur gr\u00e2ce \u00e0 son papier Super-douceur, et qui se fait doubler par la concurrence am\u00e9ricaine. Elle riposte en lan\u00e7ant un produit patriotique, baptis\u00e9 Bleu Blanc Rouge. Fiasco.<\/p>\n<p>COM\u00c9DIE EXTR\u00caMEMENT DR\u00d4LE<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce d\u00e9crit, de mani\u00e8re chorale, cette lutte de titans contemporains dans un monde en mutation sous les effets de l&rsquo;am\u00e9ricanisation, du d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation et des loisirs, et de celui des techniques de management. Comme dans <em>Le Roi Lear<\/em>, de Shakespeare, un patriarche s&rsquo;efface peu \u00e0 peu du pouvoir, que se disputent ses deux fils, le l\u00e9gitime Olivier et l&rsquo;ill\u00e9gitime Beno\u00eet &#8211; et c&rsquo;est lui, bien s\u00fbr, le plus mordant, qui gagnera.<\/p>\n<p>Elle est d&rsquo;une richesse inou\u00efe, cette pi\u00e8ce qui raconte l&rsquo;arriv\u00e9e du marketing et des jeunes dandys en costume de velours face aux vieux employ\u00e9s en costume de tergal, et donc l&rsquo;\u00e9ternel choc entre un ancien et un nouveau monde, entre deux g\u00e9n\u00e9rations. Elle entrelace de nombreux th\u00e8mes et contrepoints, dans une France o\u00f9 l&rsquo;apparition de la pilule contraceptive change la donne patriarcale, o\u00f9 l&rsquo;antis\u00e9mitisme est encore tr\u00e8s ordinaire mais o\u00f9 l&rsquo;extermination des juifs pendant la guerre mine les consciences. Et o\u00f9 les artistes d&rsquo;avant-garde comme Claes Oldenburg ou Yves Klein sont les capteurs de cette perte de sens.<\/p>\n<p>Mais d&rsquo;abord il y a cette id\u00e9e de g\u00e9nie&nbsp;: cette histoire de papier toilette. Elle produit des effets de d\u00e9rision absolument hilarants, en entrechoquant la trivialit\u00e9 de l&rsquo;objet et de sa fonction et les discours \u00ab\u00a0savants\u00a0\u00bb des gourous du marketing et de la publicit\u00e9. Mais Vinaver en fait aussi l&rsquo;objet symbole de ce qu&rsquo;il appelle le \u00ab\u00a0syst\u00e8me excr\u00e9mentiel\u00a0\u00bb du capitalisme&nbsp;: ing\u00e9rer, \u00e9vacuer, ing\u00e9rer, \u00e9vacuer, etc.<\/p>\n<p>Cette \u00e9pop\u00e9e du capitalisme contemporain, o\u00f9 Vinaver s&rsquo;est inspir\u00e9 du Grec Aristophane, est aussi une com\u00e9die extr\u00eamement dr\u00f4le. Ce qu&rsquo;a parfaitement compris Christian Schiaretti, dont la mise en sc\u00e8ne, d&rsquo;une justesse \u00e9poustouflante, tient la balance parfaite entre la gravit\u00e9 souterraine et l&rsquo;ironie percutante de Michel Vinaver, qui observe le passage d&rsquo;un monde \u00e0 un autre sans prendre parti.<\/p>\n<p>Dans un d\u00e9cor qui change \u00e0 vue au fil du spectacle, environnement vieillot de cartons empil\u00e9s devenant espace chic et pop, son spectacle trouve la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 n\u00e9cessaire, port\u00e9 par l&rsquo;orchestre de jazz men\u00e9 par Guesh Patti, et par une troupe de trente com\u00e9diens entra\u00een\u00e9s par le formidable Olivier Balazuc, narrateur et double de l&rsquo;auteur. C&rsquo;est bien d&rsquo;une histoire fran\u00e7aise qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici&nbsp;: telle qu&rsquo;elle s&rsquo;est jou\u00e9e il y a quarante ans, et telle que nous en h\u00e9ritons aujourd&rsquo;hui, entre libert\u00e9 et lib\u00e9ralisme. Ce qui nous change des discours simplistes sur Mai 68.<\/p>\n<p><em>Par-dessus bord<\/em>, de Michel Vinaver. Mise en sc\u00e8ne&nbsp;: Christian Schiaretti. Th\u00e9\u00e2tre national populaire, 8, place Lazare-Goujon, Villeurbanne (Rh\u00f4ne). T\u00e9l.&nbsp;: 04-78-03-30-00. En int\u00e9grale les samedis et dimanches \u00e0 14 heures, ou en deux soir\u00e9es du mardi au jeudi \u00e0 20 heures, jusqu&rsquo;au 13 avril. Dur\u00e9e&nbsp;: deux fois 2 h 45, avec un entracte de 1 h 30. Puis \u00e0 Paris, au Th\u00e9\u00e2tre national de la Colline, du 17 mai au 15 juin.<\/p>\n<p>Fabienne Darge<br \/>\nArticle paru dans l&rsquo;\u00e9dition du 11.03.08<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au Th\u00e9\u00e2tre de la Colline, samedi 14 juin 2008, de 14h30 \u00e0 17h30 et de 18h30 \u00e0 21h&nbsp;: Par-dessus bord, de Michel Vinaver (1967-1969). D&rsquo;abord un texte formidable. Une grande troupe d&rsquo;acteurs avec suffisamment de num\u00e9ros de virtuoses. 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